Derrière la subconscience, il y a l’immense inconscience contrôlant le destin des individus et des nations. Carl Jung a fait la distinction entre l’inconscience personnelle et l’inconscience collective. Dans la première, tous les souvenirs depuis notre naissance sont emmagasinés. Bien que nous ayons tendance à oublier beaucoup de choses au niveau de notre propre conscience, nous avons parfois des souvenirs qui surgissent soudainement du passé. Cela signifie que les souvenirs, grands ou petits, ne se sont pas du tout effacés de notre inconscience personnelle. Je soupçonne même que des souvenirs provenant de vies passées sont présents dans l’inconscience personnelle, ce qui explique que nous avons parfois de façon totalement inattendue la sensation de « déjà vu » devant certains lieux ou face à certaines personnes. De plus, nous agissons et pensons en quelque sorte selon des schémas préétablis provenant de cette mémoire imprimée au plus profond de notre inconscience personnelle.

 Le destin humain est déterminé essentiellement par l'inconscience personnelle. Sauf à être capable de changer d’une manière ou d’une autre la qualité de l’énorme quantité de souvenirs qui ont été accumulé dans notre inconscient, il nous est impossible de modifier le cours de notre vie. Il est probable que l’astrologie et beaucoup d’autres méthodes de divination basées sur l’expérience de nombreuses générations offrent de multiples voies pour décoder ces souvenirs.

Au-delà de l’inconscience personnelle, il y a l’inconscience collective, beaucoup plus vaste, avec plusieurs niveaux allant de la famille à l’humanité. Le destin d'une nation ou d'une région comme l'Asie, l'Amérique du Nord ou l'Europe, dépend en grande partie de la mémoire collective inconsciente.

A chaque fois qu’il y a conflit ou guerre, c’est la mémoire négative de l’inconscient collectif qui est artificiellement exacerbée pour nous amener à considérer l’autre comme « ennemi hypothétique ». La plupart du temps, les « criminels » responsables de cette manipulation sont des politiciens avides d’accroître leur pouvoir grâce aux crises créées par l’homme. Pour rester à l’écart des influences dangereuses de tels démagogues, il est essentiel que les simples citoyens conservent un haut niveau de conscience.

Par exemple, en Corée, tous les présidents ont utilisé le sentiment anti Japon pour renforcer leur pouvoir politique. Nous ne pouvons pas nier les faits historiques tragiques entre la Corée et le Japon, mais les deux pays ont bien plus de mémoire positive engrangée durant plusieurs siècles d’échanges culturels. C’est une erreur politique de se focaliser sur les souvenirs négatifs dans le but de manipuler l’esprit des gens. Si nous utilisons le pouvoir de la mémoire négative à certaines fins, il est inévitable de subir le contrecoup de la mémoire. Nous savons que tous les anciens présidents de Corée ont fini tragiquement de façon inattendue.

 

[à suivre]

Soho Machida, 08/09/2019

(traduction Oriibu)