Quelque part dans les Landes de Gascogne se trouvent les sources de Moncaut connues pour leurs pouvoirs guérisseurs. Ce sont trois sources situées dans un vallon perdu au milieu des pins.  

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 Leur accès est assez facile, mais encore faut-il les chercher un peu ! Il faut marcher quelques centaines de mètres en suivant le chemin qui sillonne dans les pins pour découvrir d’abord un modeste oratoire et une croix de pierre.  De là, un chemin creux descend vers une petite rivière, où se trouvent les trois sources magiques. Dans ce vallon, un étrange et mystérieux décor se dévoile, avec de multiples morceaux de tissus accrochés aux branches des arbres.

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Ces tissus ont été laissé là par les pèlerins venus guérir le mal qui les gêne, dans une des 3 sources  aux pouvoirs magiques : la source Saint-Georges soigne les rhumatismes, la source Saint-Eutrope les maux de tête et la source Saint-Antoine les maux de ventre (et le « mal des ardents », terrible maladie moyenâgeuse provoquée par à l'ingestion de farines contaminées par l'ergot du seigle). Les visiteurs ont donc trempé un morceau de tissu dans l’eau de la source appropriée à leur mal, l’ont ensuite passé sur la partie concernée de leur corps et l’ont accroché à une branche en espérant y laisser le mal et ainsi s’en libérer. Il ne faut pas toucher ces tissus, sous peine d’attraper le mal qu’ils contiennent…

Ces croyances, christianisées au moyen-âge, remontent en fait à des croyances bien plus anciennes, à un culte gaulois aujourd’hui oublié. A vrai dire, quand j’ai visité les sources de Moncaut pour la première fois ce 25 décembre 2019, j’ai tout de suite ressenti la puissance et l’énergie des lieux, mais mon sentiment était partagé entre le positif et le négatif… Le positif, c’est l’Esprit du lieu, riche de centaines ou milliers d’années de prières, rites, dévotion, espoir et croyances… Le négatif, c’est la somme des douleurs accrochées aux branches des arbres.  

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Cette façon d’accrocher le mal aux branches m’a fait penser à la tradition japonaise Shinto d’accrocher les omikuji (prédictions écrites tirées au sort) négatives sur un support prévu à cet effet, afin de s’en débarrasser. Ici, c’est plus primitif et plus fort, potentiellement plus douloureux. Au Japon, un prêtre Shinto vient régulièrement bruler les omikuji afin de détruire le négatif, alors qu’aux sources de Moncaut la destruction des tissus chargés du mal est laissée au travail du temps, du vent, du soleil, de la pluie, du gel… Peut-être qu’avant la christianisation des lieux un druide ou autre shaman venait bruler ces morceaux de tissus chargés du mal ? Peut-être

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qu’aux premiers temps du christianisme un prêtre exorciseur venait chasser toute cette douleur ? Aujourd’hui, plus rien de tout ça, le pouvoir magique est laissé à Dame Nature.

En quittant ce lieu mystique chargé d’énergie, je me suis retourné dans le chemin et j’ai chanté le mantra Arigato, en remerciant tous les êtres venus prier en cet endroit, toutes les personnes venues y déposer leurs espérances, tous  ceux qui ont permis à ce lieu mystique de traverser le temps jusqu’à aujourd’hui. Et bien sur, Arigato (gratitude) aux Esprits de ces lieux, aux sources divines qui donnent la vie et guérissent du mal. Arigato à Saint Georges dont l’eau bue à la source par mon vieux chien Bonkichi perclu de rhumatisme semble lui avoir donné une nouvelle jeunesse !

J’ai visité ce lieu en plein hiver, un jour de Noël frais mais ensoleillé, je veux y retourner au printemps pour y ressentir l’énergie du renouveau!

 

Oriibu

 

PS : j’ai raconté cette visite à Soho Machida, voici son commentaire :

« Il existe de nombreux endroits dans le monde où l’on peut ressentir un pouvoir surnaturel. Dans le cas des sources de  Moncaut, j'imagine qu'il y a beaucoup de mémoires provenant du passé. Arigato Zen a le pouvoir de nettoyer ces mémoires. » (Soho Machida)