Arigato Zen en Aquitaine

Arigato Zen: présentation

Fujisan3

ARIGATO ZEN est une méthode de méditation par la Voix et les sons des bols de Cristal, apportant le bien-être par une prise de conscience permettant de faire ressortir le positif de toute chose, de restaurer l'équilibre entre le corps et l'esprit.

ARIGATO ZEN  (arigato veut dire merci en japonais) est développé au Japon par Soho Machida, grâce à son expérience de plus de 20 ans de moine Bouddhiste et son érudition de spécialiste en religion Comparée (Docteur en Philosophie).

En exécutant ARIGATO ZEN, on peut se débarrasser des souvenirs négatifs enfouis dans notre subconscient, ceux qui sont à la base de tous nos problèmes. En obtenant un éclairage de notre subconscient, on peut vivre avec un sentiment de plénitude et de joie.

Avec sa devise,  « un changement mental au moyen d’une action physique »,  Soho Machida a inventé cette méthode révolutionnaire de méditation qui transcende la religion et l'ethnicité.

Venir dans une tenue confortable, coussin ou zafu (des chaises sont disponibles pour ceux qui le souhaitent), couverture ou tapis de yoga, petite bouteille d’eau.

Les néophytes en méditation tout comme les pratiquants d’une autre forme de méditation sont les bienvenus.

 

voir les prochaines dates des séances de méditation ARIGATO ZEN

 

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29 septembre 2019

Zen et imagination (9)

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Maintenant, j'aimerais évoquer ce qu'on appelle le « satori », l’éveil. C’est l’aboutissement de la méditation Zen, sous la forme d’une expérience momentanée d’ « état modifié de conscience (EMC) ». Ce n’est pas cela qui, en soit, garantit une amélioration soudaine de la personnalité, car il faut beaucoup de temps pour faire progresser celle-ci grâce à des actes de bonté  humbles et altruistes.

Néanmoins, si vous poursuivez les expériences d’EMC, vous avez une chance de connaître cet instant où l'épaisse paroi de l'inconscience est percée. Dans le Zen, on parle de « traversée de la huitième conscience », dans laquelle la huitième conscience est la conscience réceptacle (alaya-vijyana) qui équivaut aux deux inconsciences (personnelle et collective) de la psychologie jungienne. Connaître une telle expérience est rare, même chez les moines Zen professionnels.

Afin de réaliser une telle percée de l’inconscience, vous devez atteindre le zenjo, la concentration parfaite. Replacé dans le contexte moderne, zenjo est tout à fait comparable à ce  qu’on appelle « l’expérience de la zone », cet état mental atteint par le sportif qui pourrait être traduit par « état de grâce ». C’est un état de concentration totale ou d’absorption complète dans une activité, clé du bonheur, sentiment profond ne se concentrant que sur l’activité et non sur les émotions. La méditation est tout à fait semblable au sport. [1]

Au moment où vous percez le mur de l’inconscience, vous ressentez une lumière qui vous embrasse. C’est quelque chose qui est au-delà de l’inconscience et que j’appelle « la conscience de la lumière. » Il est universellement reconnu que lors des expériences de mort imminente les gens sont également témoins d'une lumière intense faisant suite à la traversée d’un tunnel sombre et de jardins de fleurs. Le tunnel sombre n’est rien d’autre que l’inconscience et la lumière provient de « la conscience de la lumière. ».

Soho Machida, 26/09/2019

[à suivre]

(traduction Oriibu)



[1] NDT : la traduction de ce paragraphe diffère un peu du texte original dans un but de clarification du terme « zone ». Le texte original est : « You must reach zenjo (deep concentration) in order to find a breakthrough of unconsciousness. Zenjo is the zone experience in modern context. Even in sports, if you concentrate well, you eventually reach “high,””flow,” and finally “zone.” Meditation is quite similar with sports.”

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10 septembre 2019

Zen et imagination (8)

Derrière la subconscience, il y a l’immense inconscience contrôlant le destin des individus et des nations. Carl Jung a fait la distinction entre l’inconscience personnelle et l’inconscience collective. Dans la première, tous les souvenirs depuis notre naissance sont emmagasinés. Bien que nous ayons tendance à oublier beaucoup de choses au niveau de notre propre conscience, nous avons parfois des souvenirs qui surgissent soudainement du passé. Cela signifie que les souvenirs, grands ou petits, ne se sont pas du tout effacés de notre inconscience personnelle. Je soupçonne même que des souvenirs provenant de vies passées sont présents dans l’inconscience personnelle, ce qui explique que nous avons parfois de façon totalement inattendue la sensation de « déjà vu » devant certains lieux ou face à certaines personnes. De plus, nous agissons et pensons en quelque sorte selon des schémas préétablis provenant de cette mémoire imprimée au plus profond de notre inconscience personnelle.

 Le destin humain est déterminé essentiellement par l'inconscience personnelle. Sauf à être capable de changer d’une manière ou d’une autre la qualité de l’énorme quantité de souvenirs qui ont été accumulé dans notre inconscient, il nous est impossible de modifier le cours de notre vie. Il est probable que l’astrologie et beaucoup d’autres méthodes de divination basées sur l’expérience de nombreuses générations offrent de multiples voies pour décoder ces souvenirs.

Au-delà de l’inconscience personnelle, il y a l’inconscience collective, beaucoup plus vaste, avec plusieurs niveaux allant de la famille à l’humanité. Le destin d'une nation ou d'une région comme l'Asie, l'Amérique du Nord ou l'Europe, dépend en grande partie de la mémoire collective inconsciente.

A chaque fois qu’il y a conflit ou guerre, c’est la mémoire négative de l’inconscient collectif qui est artificiellement exacerbée pour nous amener à considérer l’autre comme « ennemi hypothétique ». La plupart du temps, les « criminels » responsables de cette manipulation sont des politiciens avides d’accroître leur pouvoir grâce aux crises créées par l’homme. Pour rester à l’écart des influences dangereuses de tels démagogues, il est essentiel que les simples citoyens conservent un haut niveau de conscience.

Par exemple, en Corée, tous les présidents ont utilisé le sentiment anti Japon pour renforcer leur pouvoir politique. Nous ne pouvons pas nier les faits historiques tragiques entre la Corée et le Japon, mais les deux pays ont bien plus de mémoire positive engrangée durant plusieurs siècles d’échanges culturels. C’est une erreur politique de se focaliser sur les souvenirs négatifs dans le but de manipuler l’esprit des gens. Si nous utilisons le pouvoir de la mémoire négative à certaines fins, il est inévitable de subir le contrecoup de la mémoire. Nous savons que tous les anciens présidents de Corée ont fini tragiquement de façon inattendue.

 

[à suivre]

Soho Machida, 08/09/2019

(traduction Oriibu)

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05 septembre 2019

Zen et imagination (7)

Avant de parler du sujet de l'éveil, laissez-moi vous décrire la structure en cinq niveaux de la conscience humaine.

La couche supérieure est la conscience de soi, dans laquelle on retrouve la raison et l'intellect. Cependant, comme elle est également directement liée à l'instinct d’auto-défense, nous effectuons en permanence un jugement sur nous-mêmes et essayons de prendre l’avantage sur les autres. Si cette conscience de soi est trop forte, il est inévitable de rentrer en conflit avec les autres.

Le deuxième niveau est le subconscient, dans lequel se trouvent toutes sortes d’émotions. Même les intellectuels perdent souvent leur sang-froid et tout sens de jugement raisonnable, car le subconscient est plus puissant que la conscience de soi. Pour cette même raison, il ne nous est pas facile de contrôler nos émotions au quotidien. Ceux qui agissent toujours avec logique sont ceux qui ont une faible expérience de la vie et ne connaissent pas le pouvoir de la subconscience.

Quand nous ne pouvons pas bien exprimer ce que nous avons dans notre esprit, les idées et les images qui ne peuvent être verbalisées restent pourtant dans le subconscient. En général, nous autres japonais, sommes inexpressifs et ambigus comparativement aux occidentaux. Il est probable que, dans la psychologie des japonais, la couche du subconscient est plus épaisse que celle de la conscience de soi.

Soho Machida, 05/09/2019

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01 septembre 2019

Zen et imagination (6)

Les moines Zen parlent toujours de la "non-conscience" comme si c'était une marque déposée du Zen. Je me demande combien de temps ils continueront à racoler des clients de cette manière. La "non-conscience" est simplement un point de départ du Zen. Si vous vous concentrez intensément, les deux fonctions que sont la pensée et l’émotion seront mises en arrêt. C'est la « non conscience ». Vous devez simplement avoir une bonne concentration, et ainsi il n’est jamais trop difficile d’atteindre ce type de condition psychologique.

Dans le sport ou la musique, lorsque vous êtes suffisamment concentré, vous atteignez naturellement la «non-conscience». C’est ce qui vous permet de jouer correctement de votre instrument ou de bien réaliser votre performance sportive. Dans le monastère du mont Hiei, j'ai récité le mantra du Bouddha du Feu des milliers de fois par jour. Dans la méditation Zen, nos yeux sont mi-clos, mais dans la méditation ésotérique, il m'a été enseigné de garder les yeux pleinement ouverts. J'ai hésité, mais en fait, je suis entré à chaque fois en état de «non-conscience» après avoir répété plusieurs centaines de fois le mantra.

Les yeux ouverts, je pouvais voir chaque chose, mais je n’avais plus aucune sensation. Mes émotions étaient totalement éteintes. Alors que j'étais en permanence torturé par une fatigue extrême et la somnolence, dès que j’entrais en «non-conscience», ces sensations disparaissaient. J'étais plein de joie et j'avais l'impression de pouvoir continuer à chanter pendant des heures. Était-ce l'expérience de l'éveil? Non, il s’agissait simplement de l’état d’ « expérience optimale », terme connu dans le sport (1).

 

[à suivre]

Soho Machida, 30/08/2019

 (1)   NDT : En psychologie positive, le flow – mot anglais qui se traduit par flux –, ou la zone, l’expérience optimale, est un état mental atteint par une personne lorsqu'elle est complètement plongée dans une activité et qu'elle se trouve dans un état maximal de concentration, de plein engagement et de satisfaction dans son accomplissement. Fondamentalement, le flow se caractérise par l'absorption totale d'une personne par son occupation. (Wikipédia)

 

(traduction Oriibu)

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Zen et imagination (5)

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Le mot «folie» peut facilement être mal interprété. Si la personne folle souffre de schizophrénie, elle et sa famille risque de souffrir d’immenses confusions.  Si elle est laissée libre, elle risque de devenir violente en raison de délires, et si elle est correctement diagnostiquée, elle risque de passer sa vie derrière les barreaux d’un hôpital psychatrique.

La folie est vraiment un sujet effrayant, mais c’est un fait que toutes les religions contiennent des éléments de folie. Tout comme on ne peut pas évoquer une bombe sans penser au danger d'explosion, nous ne pouvons pas réfléchir à la religion sans considérer ses éléments de folie. Croire en une religion veut dire s’approcher de la folie tapie quelque part au plus profond de l’humanité. C’est uniquement dans cette folie que nous rencontrons Dieu. C'est pourquoi les prêtres qui ne font que citer les paroles des anciens patriarches dans leurs sermons ne comprennent probablement rien de bien substantiel à la religion. S’ils avaient touché du doigt la folie intrinsèque, ils auraient pris conscience du vide des doctrines qu'ils prêchent avec éloquence.

Nous avons bien connaissance des problèmes de lavage de cerveau et de fanatisme au sein d'organisations religieuses. Ceci n’arrive qu’en raison du fait qu’une fois que vous croyez en quelque chose, votre raisonnement intellectuel est annihilé et facilement transformé en folie fanatique. Bien sûr, nous devons absolument éviter par tous les moyens ce genre de folie improductive.

Le point de vue que je défends ici, c'est l’idée de la folie en tant que source d'imagination créatrice. Seule une forte imagination peut détruire les concepts établis et le bon sens. La folie devrait être le moteur de l'imagination puissante qui permet de repousser la réalité comme un bulldozer. Sans cela, l’imagination finit par n’être qu’un fantasme.  

 [à suivre]

Soho Machida, 30/08/2019

(traduction Oriibu)

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31 août 2019

Zen et imagination (4)

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Si vous parcourez l'histoire du Zen, vous y trouverez non seulement Ikkyu, mais aussi d’autres maîtres tout aussi fous. Rinzai Gigen, fondateur de l’école Zen Rinzai, en est un bon exemple. L’une de ses citations les plus importantes est « Si tu rencontres Bouddha, tue-le. Si tu rencontres un patriarche, tue-le aussi. »

Cette phrase placée dans un contexte chrétien se traduirait par «Si tu rencontres Jésus, tue-le. Si tu rencontres Pierre et Paul, tue-les aussi. » Dans un contexte musulman, cela deviendrait « Si tu rencontres Allah, tue-le. Si tu rencontres Mohammed, tue-le aussi. »

Oui, ce sont des déclarations démentes que les fidèles de ces deux religions considéreraient comme des blasphèmes impardonnables. Mais pour Rinzai, tant que vous n’avez pas compris cette phrase, vous n’avez rien compris à Dieu.

 Si vous lisez le recueil des paroles de Rinzai, vous serez sans doute très désorienté, car il nous a laissé de nombreuses autres déclarations toutes aussi ahurissantes, telles que «Bouddha n'est qu'un trou dans les toilettes» ou «le canon bouddhiste ne vaut pas mieux que du papier toilette». Je ne pense pas que les pratiquants Zen qui suivent scrupuleusement les manuels monastiques puissent comprendre le Zen authentique que Rinzai a le plus clairement démontré.

En énonçant des choses aussi radicales, Rinzai voulait rappeler à ses fidèles qu’ils ne devaient jamais considérer qu’il y ait quelque chose de plus sacré qu’eux-mêmes. Dans le cas contraire, ce ne serait rien d’autre qu’un culte idolâtre. Rinzai était opposé à la séparation entre Bouddha et les gens ordinaires, entre le sacré et le profane. Pour réveiller ses étudiants, il les saisissait souvent par le col et criait: «Maintenant, ouvre les yeux et vois! »

[à suivre]

Soho Machida, 27/08/2019

(traduction Oriibu)

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30 août 2019

Zen et imagination (3)

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Au Japon du 15ème siècle, il y avait un mauvais garçon qu’on appelait Maître Zen Ikkyu. Il dépendait du même temple que moi, à savoir le Daitokuji de Kyoto. C’était un moine renégat de l'ère Muromachi, une des périodes les plus chaotiques de l'histoire japonaise. Il a enfreint tous les préceptes dans sa vie de moine, ce qui ne l’a pourtant pas empêché d’atteindre un haut statut bouddhiste en devenant l’abbé en chef du Daitokuji. Une telle contradiction ne fut possible qu’à cette époque où le bouddhisme japonais était extrêmement sécularisé.

Jeune, Ikkyu était un moine passionné et fervent,  il pratiquait très durement pour connaître  d’intenses expériences Zen. Ce ne fut qu’après la mort de son austère maître qu’il commença son style de vie vagabonde. Il quitta le monastère et s’adonna aux plaisirs de l’alcool et du sexe. Il ne pouvait pas supporter l’hypocrisie de la tradition Zen qui était alors fortement politisé sous le contrôle du shogunat Muromachi.

À 77 ans, Ikkyu est tombé amoureux d'une jeune femme aveugle avec laquelle il vécut pendant 10 ans dans son temple. Dans son recueil de poèmes intitulé « Nuages Fous », il expose sa vie amoureuse avec elle. Il vécut avec elle jusqu’à sa mort à 88 ans, et il est incroyable qu’il ait conservé son énergie sexuelle jusqu’à cet âge. Mais pourquoi a-t’il ressenti le besoin de rendre publique sa vie scandaleuse avec ses écrits?

Il voulait probablement faire la démonstration de ce qu’était un Zen pur par rapport au faux Zen des moines qui ne cherchaient qu’à plaire à la cour impériale de Kyoto et au shogunat de Kamakura, les centres du pouvoir du Japon de cette époque. Il choisit une voie tout à fait originale de contestation en décidant de mener une vie décadente de moine. Parce qu’il était le fils illégitime de l’empereur, son enfance fut difficile et il fut contraint de se séparer de sa mère et de devenir moine. Sans doute que sa détestation de la structure sociale fictive vient de cette époque, et que c’est pour cela que plus tard il ne put s’empêcher de manifester de vives critiques à l'encontre de la tradition zen établie lors de l'ère Muromachi.

La quintessence de l'esprit d'Ikkyu est exprimée dans cette citation: «Il est facile d'entrer dans le monde du Bouddha, mais il est très difficile d'entrer en enfer.»  Aucun autre moine Zen qu’Ikkyu aurait pu prononcer ces mots. Lui seul savait vraiment ce qu’était le vrai Zen. Parce qu’Ikkyu fut suffisamment courageux pour plonger dans l’enfer, il a pu avoir l’imagination lui permettant de créer les traditions de la cérémonie du thé, des poèmes haiku, du théâtre nô et de bien d’autres choses. La plupart des éléments de la culture japonaise que nous connaissons aujourd'hui ont été fortement influencés par Ikkyu. Il était décadent, mais plein d'imagination créatrice.

Même si vous êtes un pratiquant assidu du Zen et que vous avez quelque connaissance religieuse enseignée par un maître Zen, vous ne faites que vous tenir à l'entrée du monde de Bouddha. Vous gagnerez sans doute l’admiration des gens pour votre savoir, mais vous ne pouvez quasiment rien créer de nouveau.

Dés que vous franchissez le pas de l’Enfer, vous êtes fou. Ikkyu, personnage fondamental de la culture japonaise mais potentiellement fauteur de troubles à son époque, a construit son temple à l’écart de la ville de Kyoto. Cela n’a pas empêché de nombreux jeunes artistes sont venus vivre autour de ce lieu, où leur sensibilité artistique était instinctivement influencée par l’énergie volcanique et créative d’Ikkyu, moine revenu de l’enfer. 

[à suivre]

Soho Machida, 23/08/2019

(traduction Oriibu)

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29 août 2019

Zen et imagination (2)

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J'ai publié un livre intitulé «Bouddhisme d’avant-garde» il y a plus de dix ans. Les vrais arts, libres de tout formalisme rigide, sont toujours spontanés et avant-gardistes. Si la religion suit également un processus de métamorphose et d'évolution, elle devrait rester «avant-gardiste».

Cependant, aujourd’hui des moines bouddhistes considèrent les temples anciens comme simple source de revenus grâce à leur attrait touristique, y organisant des évènements qui ne sont que de simples activités sociales, loin de créer quoi que ce soit d’ « avant-gardiste ». La vie monastique est devenue aujourd’hui un travail comme une autre.

En Occident, un certain nombre de pratiquants sont sérieusement engagés dans la méditation zen. Ils sont souvent habillés avec des vêtements japonais et pratiquent la respiration profonde. Parfois, ils peuvent travailler sur des koan  sous la direction d'un maître Zen. Bien… mais « bien » pour quoi?

Est-ce que ce qu’ils pratiquent est le Zen? Que veulent-ils obtenir? Dans le temple Myoshinji de Kyoto, il y a une célèbre peinture à l'encre (trésor national) dans laquelle un homme tente d'attraper un poisson-chat au moyen d’une gourde qu’il tient entre les mains. Il est totalement improbable qu'il réussisse à attraper le poisson de cette façon et donc qu’il puisse s’en régaler au dîner. Le Zen n'est pas ce que vous supposez. Vous devez d'abord jeter au loin la gourde. Le Zen est l'imagination, glissante comme un poisson-chat.

Shinran (13e siècle) Est l'un des moines les plus populaires de l'histoire du bouddhisme japonais. Fort de sa foi dans le salut sans condition de Bouddha, il a officiellement rompu le célibat et fut le premier moine de l’histoire à se marier. «Je ne suis ni sacré, ni profane» est une citation de Shinran bien connue dans le Japon contemporain.

Ma propre personnalité est encore plus confuse que celle de Shinran. Je suis un moine, un érudit et un écrivain. Mes spécialités sont la religion comparée, la civilisation comparée et la bioéthique. J'ai obtenu une maîtrise en théologie chrétienne et un doctorat en philosophie pour mes recherches sur Honen, moine du moyen-âge japonais, fondateur de l'école Jodo, le pendant du Zen. J'ai été un moine Zen, mais après ma retraite, je suis devenu novice du Tendai, une école bouddhiste ésotérique japonaise vieille de 1 200 ans. Dans ma vie réelle, je ne visite pratiquement pas de temples bouddhistes mais quasiment que des sanctuaires shinto, conformément à mes croyances animistes. À l’heure actuelle, je suis l’abbé de l’avant-gardiste et non sectaire «temple Arigato», au pied du mont. Fuji, qu'un milliardaire athée a construit pour moi. La vie est pleine de merveilles.

Parce que ma vie est presque schizophrénique, je peux prôner sans hésiter que le bouddhisme devrait être à l’avant-garde à tout moment.

 

[à suivre]

Soho Machida, 21/08/2019

(traduction Oriibu)

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28 août 2019

Zen et imagination (1)

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À l'âge de 14 ans, j’ai quitté le foyer familial pour vivre dans un temple Zen de Kyoto. Depuis ce jour, j’ai vécu 55 ans de façon Zen, que ce soit en qualité de moine ou de professeur d'université. Chaque journée commence avec le zen et se termine par le zen.  Pour être honnête, cependant, j’en ai assez du Zen d’aujourd’hui. C'est trop dénaturé pour moi. La plupart des moines se targuent de suivre la tradition zen mais ne la respectent pas réellement, tout comme des commerciaux qui vanteraient leurs produits sans vraiment les connaître.

En raison de mon sentiment anti-zen, lorsque j'ai quitté l’université pour prendre ma retraite à l'âge de 65 ans,  j'ai brusquement décidé de me convertir au Tendai, école du bouddhisme japonais beaucoup plus ancienne que le Zen. Pour m’initier à la tradition ésotérique du Tendai, j’ai dû vivre des pratiques extrêmement ascétiques au monastère du Mont  Hiei de Kyoto durant quelques mois.  J'ai quasiment hurlé de douleurs tout autant physiques que psychologiques, tandis que je n'avais droit qu’à quelques heures de sommeil par jour. Il est probable que c’était la punition de Bouddha pour mes critiques arrogantes envers le Zen.

Après de nombreuses années de vie monacale, j’en suis arrivé à la conclusion qu'un certain nombre des moines ne sont pas vraiment honnêtes, même s’ils portent d’authentiques robes et ont la tête rasée. Certains d'entre eux sont suffisamment cupides pour ne pas hésiter à faire payer beaucoup trop cher les familles lors de l’organisation des funérailles de leurs défunts.

Dans ce prologue, autorisez-moi à conclure que le Zen n’est rien d’autre que l’imagination. Pour les moines Zen «orthodoxes» qui préconisent toujours la non-conscience en tant qu'expérience Zen, l'imagination n’est rien moins qu'une illusion. À cause d’un raisonnement si pauvre, le Zen est devenu rigide et improductif, comme fossilisé.

Je vais développer mon discours dans cet essai pour prouver que le Zen n'est rien d’autre que l'imagination. L’imagination est source de création, indispensable au bonheur personnel comme à la paix dans le monde.

[à suivre]

Soho Machida, 21/08/2019

(traduction Oriibu)

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